‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 411 sur 424 · A CHARLOTTE CORDAY · texte numérisé non relu

A CHARLOTTE CORDAY

Quoi ! tandis que partout, ou sincères ou feintes,

Des lâches, des pervers, les larmes et les plaintes Consacrent leur Marat parmi les immortels,

Et (pie, prêtre orgueilleux de cette idole vile,

Des fanges du Parnasse un impudent reptile 5

Vomit un hymne infâme au pied de ses autels ;

V. 15. « Aguerrit »* pousse à la guerre. Sa pensée est qu’il ue mord qu’eu vue de la pais de sa patrie.

V. 17. Monstres fameux dans la mythologie, h' hydre surtout est employée souvent par les poètes pour désigner les ennemis du bien public. Voy. le Jeu de Paume , au v. 336, passage où André fuit hydre du masculin.

VIII. — On peut voir le fac-similé des trois premières strophes dans YUistoire- Musée de la république française, par Augustin f.liallamel, tom. 11.

V. C. Allusion à l’hymne composé par le député Audouiu *. Voy. la Biographie,

p II fut cotnjxwf bien de« ver* à l'occasion de la mort de Marat, entre autres les Deux Martyrs de la liberté, ou Portraits de Marat et de bcpellclier. par Dural-Cubieros. a»cc cette épigraphe : Dulce et décorum est pro patria inor f

ET ODES

La vérité se tait ! Dans sa bouche glacée,

Des liens de la peur sa langue embarrassée Dérobe un juste hommage aux exploits glorieux !

Vivre est-il donc si doux? De quel prix est la vie, to Quand, sous un joug honteux, la pensée asservie, Tremblante, au fond du cœur, se cache à tous les yeux ?

Non, non. Je ne veux point t’honorer en silence,

Toi qui crus par ta mort ressusciter la France Et dévouas tes jours à punir des forfaits. 15

l>e glaive arma ton bras, fille grande et sublime,

Pour faire honte aux dieux, pour réparer leur crime, Quand d’un homme à ce monstre ils donnèrent les traits.

Le noir serpent, sorti de sa caverne impure,

A donc vu rompre enfin sous ta main ferme et sûre 20 Le venimeux tissu de ses jours abhorrés !

Aux entrailles du tigre, à ses dents homicides,

Tu vins redemander et les membres livides Et le sang des humains qu’il avait dévorés!

Son œil mourant t’a vue, en ta superbe joie, 25

Féliciter ton bras et contempler ta proie.

V. 13. C'est le même sentiment d'indignation, la même aspiration à venger la vertu outragée, qui inspire Juvéual, Satire I, 51 :

At lu, victrit prov incia, plorn*.

H;rc ego non crcdain Vcnusina digna lucerna ?

Hrc ego non agitent ?

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