‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 70 sur 424 · V. 107. Éd. 1820 el · texte numérisé non relu

V. 107. Éd. 1820 el

On boit; il *e ra**ied. F.t Jusque sur se* yeux .

De sourire et de plainte il mêle son langage :

« Mon hôte, maintenant que sous tes nobles toits no De l’importun besoin j’ai calmé les abois,

Oserai-je à ma langue abandonner les rênes ?

Je n’ai plus ni pays, ni parents, ni domaines.

Mais écoute : le vin, par toi-même versé,

M’ ouvre la bouche. Ainsi, puisque j’ai commencé, 175 Entends ce que peut-être il eut mieux valu taire.

Excuse enfin ma langue, excuse ma prière ;

Car du vin, tu le sais, la téméraire ardeur Souvent à l’excès même enhardit la pudeur.

Meurtri de durs cailloux ou de sables arides, 18

Déchiré de buissons ou d’insectes avides,

D’un long jeune flétri, d’un long chemin lassé Et de plus d’un grand fleuve en nageant traversé,

Je parais énervé, sans vigueur, sans courage ;

Mais je suis né robuste et n’ai point passé Page. 185

La force et le travail, que je n'ai point perdus,

Par un peu de repos me vont être rendus.

Emploie alors mes bras à quelques soins rustiques :

Page 1