‹ Poésies de André Chénier étude sur la vie et les œuvres d'André ChénierChapitre 75 sur 424 · V. 228-231 Virgile, Énéide, I · texte numérisé non relu

V. 228-231 Virgile, Énéide, I

Me quoque per multos similis fortuna l.ibores Jactatam hac demum volait consUterc terra.

Non ignara mali, miserai succurrerc disco.

Cf. Sophocle, OEd. à Coton', 587. — Il y a une pensée semblable dans Homère, mais c'est Ulysse qui, sous les trails d’un mendiant, se souvient que jadis lui aussi eut des jours fortunés ( Odyssée , XVII, 419).

V. 233. André a noté dans ces vers un des traits les plus touchants de la vie patriarcale des temps héroïques . le serviteur fait partie de la famille; son rèle l'élève jusqu’à son maître, qui, dans la prospérité, donne une part de ses biens à celui qui l'a fidèlement servi. C’est par la bouche d'Eumée, cet antique modèle des serviteurs, qu' Homère [Odyssée, XIV, 01) nous explique cet usage dans tous scs détails.

V. 240-243. C’est la pensée de Maxime de Tvr. Voy. plus haut, v. 122.

PETITS POEMES il

Et quand une mort douce et d'amis entourée Recevra sans douleur sa vieillesse sacrée,

Qu’il laisse avec ses biens ses vertus pour appui 250 A des fds, s’il se peut, encor meilleurs que lui !

— Hôte des malheureux, le sort inexorable Ne prend point les avis de l’homme secourable.

Tous, par sa main de fer en aveugles poussés,

Nous vivons ; et tes vœux ne sont point exaucés. 255

Cléotas est perdu ; son injuste patrie

L’a privé de ses biens ; elle a proscrit sa vie.

De ses concitoyens dès longtemps envié,

De ses nombreux amis en un jour oublié,

Au lieu de ces tapis qu’avait tissus l’Euphrate, 260

Au lieu de ces festins brillants d’or et d’agate,

Où ses hôtes, parmi les chants harmonieux,

Savouraient jusqu’au jour les vins délicieux,

Seul maintenant, sa faim, visitant les feuillages, Dépouille les buissons de quelques fruits sauvages; 265 Ou, chez le riche altier apportant ses douleurs,

Il mange un pain amer tout trempé de ses pleurs.

Errant et fugitif, de ses beaux jours de gloire Gardant, pour son malheur, la pénible mémoire,

Sous les feux du midi, sous le froid des hivers, 270

V. 254. C’est bien là la fatalité antique qui pousse l'aveugle humanité. Sophocle, OEd. à Col ont, 256 (Bfusg.) :

Oi yàp fSoi; ccv àOpwv ppoTÛv 8;ti; 4v, el 6tô; âyoi y’» èxçufeiv âvvairo.

V. 258. Tout le passage qui suit semble inspiré de Sophocle, Philoct . 181.

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