‹ Poésies de BenseradeChapitre 32 sur 48 · SONNET XIX · texte numérisé non relu

SONNET XIX

QUEL esprit doux^ V^h^ charmant Où la grâce est si familière.

Répand sur tout vôtre agrément Une vertu particulière?

Il vous rend sage, régulière :

C'est vôtre plus digne ornement , Et d'une beauté singulière Singulier accompagnement.

C'est ce rayon qui nous enflâme , Et de vos beautez il est l'âme.

Il tempère en vous la rigueur,

Se fait sentir, se fait entendre;

En vous il' excuse le cœur

De ce que le cœur n'est point tendre.

ET SUR LA LAIDEUR. 23

Sur la Laideur.

SONNET XX

DE beauté, vous n'en avez nulle, Tant la nature mal s'y prit.

Et qui jamais vous entreprit?

Quand vous avancez, on recule.

Toujours le même préambule.

Soit en discours, soit par écrit :

O que vous avez peu d'esprit !

Et que vous estes ridicule !

Laide et sotte sont attribus

A vous légitimement dûs.

Et dans vous contre vous tout plaide.

Las! je m'emporte et prens l'essor.

Concluant que c'est pis encor D'être sotte que d'être laide.

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