‹ Poésies de Charles d'OrléansChapitre 11 sur 19 · PRINCE · texte numérisé non relu

PRINCE

Vieillesse fait me jouer à telz jeux,

Perdre et gaingner, et tout par ses conseulx ;

A la faille j'ay joué ceste année,

Ne bien, ne mal, d'avanture menée.

BALADE

(Orléans.)

Pourquoy m'as tu vendu. Jeunesse , A grant marehié, comme pour rien, Es mains de ma Dame Vieillesse Qui ne me fait gueres de bien, A elle peu tenu me tien , Mais il convient que je l'endure, Puisque c'est le cours de nature.

Son lîostel, de noir de tristesse.

Est tendu; quant dedens je vien.

J'y voy l'istoire de destresse Qui me fait changer mon maintien , Quant la ly, et maint mal soustien ; Espargnée n'est créature, Puisque c'est le cours de nature.

Prenant en gré ceste rudesse.

Le mal d'autruy compare au mien ; Lors me tance Dame Sagesse, Adoncques en moy je revien, Et croy de tout le conseil sien.

Qui est en ce plain de droicture.

Puisque c'est le cours de nature.

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