DEUX AMES DANS LE CIEL
Dans l'église , une vierge à deux genoux priait , Et , devant tant d'extase et d'amour confondue , Ma pauvre âme pleurait sa foi sitôt perdue , Et vers le marbre saint mon front s'humiliait.
Tandis qu'elle priait , l'écho du temple austère Tristement s'éveillait à de sombres accents : C'était une autre vierge, hélas! morte à quinze ans, Parce que Dieu la crut trop pure pour la terre.
Et moi, qui, sans bonheur, traîne ici-bas mon sort, J'imploiai la pitié des deux vierges fidèles Oui, pour s'enfuir au ciel, avaient choisi les ailes, L'une de la prière et l'autre de la mort.