I>EVER DU SOLEIL
Ma veille finissait sur les cimes sauvages. A mes pieds s'étendaient la mer et ses rivages ; Derrière moi les champs se perdaient au lointain ; Des rochers, encadrés dans l'écume des vagues, Les fronts noirs s'éclairaient ; et leurs murmures vagues Semblaient saluer le matin.
Et le soleil, ce dieu des étés grandioses. Ce père des beaux jours, des fruits mûrs et des roses. Montra sa face ardente au fond de l'horizon ; Et quand il apparut, je crus sentir la terre Tressaillir sous mes pieds, comme lorsqu'un cratère S'essaye à rompre sa prison .
r,7G LE CHANTIER.
Et nos flots, dont les chants, pendant les nnits sereines, Sont si doux qu'ils feraient croire encore aux syrènes , Changèrent leur azur en océan de feu.
Le soleil, escorté de nuages étranges, S'avança dans le ciel ; et d'éclatantes franges Dentelèrent l'horizon bleu.
Et l'horizon ne fut que larges déchirures ; Et le vieux mont , coupé de riches ciselures , Sembla, du faîte au pied, couvert d'un manteau d'or. Un tapis de carmin remplaça l'émeraude Des tacilurnes bois oii le vent siffle et rôde : L'astre-roi prenait son essor!
Et des flots de lumière inondèrent l'espace. Les nuages pourprés divisèrent leur masse. Un grand cercle écarlate incendia le ciel. Et nue élincelante, et brume violette.
Tout suivait le soleil qui , fier de cette fête , Semblait voler vers l'Éternel.
Mais il s'éleva seul, et son pompeux cortège S'effaça, se perdit, comme un flocon de neige. Et, comme une traînée ardente de soleils, Du rougeâtre horizon jusqu'à la rive sombre, On voyait ses reflets étinceler sans nombre Dans les ondes des flots vermeils.
La tête du Coudon *, à l'aube si brumeuse , Rayonna, sous le ciel, splendide et lumineu.se.
' MdiitagiiP pivs de Toulon.