‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 153 sur 177 · LEVER DU SOLEIL · texte numérisé non relu

LEVER DU SOLEIL

Le mont fut embrasé comme un nouveau Thabor! Ses étages de rocs, escaladant les nues, Quand le soleil frappait sur leurs épaules nues Semblaient des citadelles d'or !

Et je compris alors ce culte des sauvages Pour le soleil qui, seul, féconde leurs rivages. Je compris qu'ils n'aimaient et n'adoraient le feu Que parce que , rivés encore à la matière , Ils n'avaient pas trouvé dans la nature entière De plus grande image de Dieu.

Et je sentis mon sein plein de reconnaissance Envers cet astre-dieu que l'univers encense. El je le suppliai, pendant tout ce beau jour, De rendre , en leur versant ses flammes généreuses , L'âme de la nature et l'âme humaine heureuses Et de les unir par l'amour.

SOLEir. COUCHANT.

Laissez-moi contempler ce couchant du soleil ! Laissez-moi voir le ciel tapissé de vermeil î

Des lambeaux de nuages pendent Dans le rouge occident. D'un magnifique éclat Les monts brillent : tandis que dans le vallon plat

Les ombres du soir se répandent.

Et pourtant ces \ieux monts sont ceints de blancs frimas! On dirait, égaré sous nos ardents climats,

Un paysage moscovite.

Mais la douce fraîcheur des brises du Midi ; La pureté du ciel par le soir attiédi ,

Veiné d'or comme un bloc d'ophite;

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