SOLEIL COUCHANT. Ô
Les senteurs de la mer, le chant de nos oiseaux Qui, pareils à des fruits, font ployer les rameaux;
La nuit paisible qui s'avance ; Les oliviers, toujours de feuillage couverts. Conservant leur parure en dépit des hivers :
Tout te révèle , ô ma Provence !
Tout dit que rien ne peut altérer ton beau ciel, Que toujours l'oranger t'abreuvera du miel
Qu'il cache en une écorce amère ; Tout dit, ô beau soleil! que tu nous reviendras, Qu'en le levant, demain, d'un regard tu fondras
Toute cette neige éphémère.
Et lorsqu'après avoir doré nos régions , Père chéri du jour ! tes flamboyants rayons
Déjà se dirigent vers d'autres, Les nuages, formant mille langues de feu , Ce soir semblent encor receler l'Esprit-Dieu
Qui descendit sur les Apôtres.