DU LAZARET DE TOULON
Je reviens pour toujours, car c'est de ta présence, Ange ! que mon bonheur dépend !
Pourtant, ma blanche idole! avant de fuir ces rives, Où j'écoute les vents pleurer sur les rescifs, Où je viens , dès l'aurore , attendre les missives Que ton amour confie à nos sveltes esquifs ;
Je veux t'y voir régner, ma belle souveraine ! Je veux que tout ici te reconnaisse reine, Que la mer à tes pieds prosterne ses flots verts ; Que les bois, sur le front de la beauté que j'aime, De leurs royales fleurs posent le diadème , Mon luth, sa couronne de vers.
Et quand nous reviendrons , sur les plages profondes , Eblouis par l'éclat de ton front virginal , Les marins s'écriront : « Voyez ! l'ange des ondes Ramène un exilé dans son pays natal. «