‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 166 sur 177 · ACCABLEMENT · texte numérisé non relu

ACCABLEMENT

Il est des jours maudits où la muse, endormie, N'effleure pas nos fronts d'une caresse amie; Où l'inspiration reste sourde à la voix Du poète impuissant; où la tête, affaissée, Nous pèse comme un mont, et porte la pensée

Ainsi qu'un exécrable poids. •

Nos deux mains, dans ces jours d'épouvantable crise, Etreignent notre front, de peur qu'il ne se brise; Et nous, qui nous croyions naguère grands et forts, Bardés de notre orgueil comme d'une cuirasse,

Nous luttons vainement contre un mal qui terrasse Et paralyse nos efforts.

Et nous sommes alors pareils à ce navire Qui , près du port natal où l'équipage aspire , Surpris par la bonace , implacable fléau , Bien qu'il largue dans l'air toutes ses voiles blanches , Sent la mer immobile étreindre ses deux hanches Et s'arrête, cloué sur l'eau!

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