‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 170 sur 177 · ÉCHAPPÉE DE MER A SAINT-M ANDRIER · texte numérisé non relu

ÉCHAPPÉE DE MER A SAINT-M ANDRIER

Entre deux montagnes qui joignent Leurs pieds de pierre monstrueux , Et dont les deux sommets s'éloignent Quand ils arrivent près des cieux ,

Je vis la mer dont le zéphire Baisait le front limpide et pur ; La mer, sœur du ciel, qui s'y mire Et la revêt de son azur.

On dirait que l'horizon coupe Ce grand angle par le milieu , Comme une gigantesque coupe Remplie à moitié d'un vin bleu.

ETISIE.

Pauvre enfant de l'amour! la fraîcheur de tes joues Pouvait rivaliser celle des papillons ; Mais ta beauté, semblable aux roses où tu joues, Va bientôt de la mort joncher les noirs sillons.

Jeune ange! avec ton sang, chacun dit que la fièvre A mêlé ce poison calme et lent, mais mortel. Que la coupe des jours se tarit sur ta lèvre, Et que tu dois bientôt t'en retourner au ciel.

A l'arbre de la vie une éternelle sève

Ne peut pas épargner d'éternelles douleurs.

Et le vent de la mort à ses rameaux enlève

Toujours moins de fruits mûrs que de naissantes fleurs.

A VINCARD.

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