ÉCHAPPÉE DE MER A SAINT-M ANDRIER
Entre deux montagnes qui joignent Leurs pieds de pierre monstrueux , Et dont les deux sommets s'éloignent Quand ils arrivent près des cieux ,
Je vis la mer dont le zéphire Baisait le front limpide et pur ; La mer, sœur du ciel, qui s'y mire Et la revêt de son azur.
On dirait que l'horizon coupe Ce grand angle par le milieu , Comme une gigantesque coupe Remplie à moitié d'un vin bleu.
ETISIE.
Pauvre enfant de l'amour! la fraîcheur de tes joues Pouvait rivaliser celle des papillons ; Mais ta beauté, semblable aux roses où tu joues, Va bientôt de la mort joncher les noirs sillons.
Jeune ange! avec ton sang, chacun dit que la fièvre A mêlé ce poison calme et lent, mais mortel. Que la coupe des jours se tarit sur ta lèvre, Et que tu dois bientôt t'en retourner au ciel.
A l'arbre de la vie une éternelle sève
Ne peut pas épargner d'éternelles douleurs.
Et le vent de la mort à ses rameaux enlève
Toujours moins de fruits mûrs que de naissantes fleurs.
A VINCARD.