REPONSE A SES VERS
Frère! il naît de ces jours où des voix poétiques Des palais du bonheur nous ouvrent les portiques : Jours de blanches clartés, dont le Seigneur se sert Pour diriger nos pas dans la nuit de la vie ; Jours d'amour, où la voix des anges nous convie A mêler nos accords à leur divin concert !
Et quand le beau soleil , qui sur ces jours se lève , Descend tout embrasé dans l'Océan qui rêve , Comme parfois y sombre un grand navire en feu , On éprouve, la nuit, de douces insomnies,
Et l'âme croit ouïr de vagues symphonies Comme des flots d'encens s'épancher du ciel bleu.
0 mon frère ! le jour où de ta poésie
Ton hommage me fit respirer l'ambroisie,
Un de ces jours heureux sur mon front resplendit;
Et lorsqu'à mes regards , l'ombre, où la nuit nous plonge,
Déroba le couchant , un magnifique songe
A m'élancer au ciel tout à coup m'enhardit.
Frère, écoute! au-dessus des célestes coupoles
Dont le temple est le monde et les piliers, les pôles.
Où du char du soleil on voit voler l'essieu ,
Oii les étoiles d'or naissent par myriades ,
Je trouvai, réunis en sublimes pléiades,
Tous les bardes du peuple à genoux près de Dieu !
La parole du Christ allait se faire entendre , Et, pour la recueillir, vous sembliez m'attendre. Je reçus de vous tous le baiser fraternel. Et, disciples nouveaux, frère, nous nous assîmes Sur un autre Thabor aux radieuses cimes Qui couronnent de Dieu le royaume éternel.
Le Christ nous apparut en vêtements de flamme ; Son rayonnant visage avait des traits de femme Comme l'Evangéliste à Pathmos exilé; Le coi-ps tout entouré d'une éclatante nue , Il parla ! mais sa voix nous était bien connue , Car ce Christ , sur la terre , avait déjà parlé.
c( L'humanité souffrante en un Messie espère,