‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 47 sur 177 · MA PENSÉE · texte numérisé non relu

MA PENSÉE

Prends l'essor, ma pensée , enfant des vagues bleues !

Va franchir, sans compter les lieues ,

Les plaines de F immensité.

Fends les chemins de l'air, où voltigent les anges, Où l'orage et l'oiseau , loin des terrestres fanges , Mieux partagés que nous, vivent de hberté.

Vole ! Un âge t'attend où les douleurs cruelles

Briseront l'essor de tes ailes ,

De tes charmantes ailes d'or, Que l'on voudrait en vain retenir prisonnières Au fond de nos chantiers bruyants, où les misères Me clouèrent moi-même, hélas! si jeune encor.

Vole! le ciel est vaste, et tu pourras, sans doute,

Y poursuivre à ton gré ta route.

Vole ! car la réalité Plane déjà sur toi, comme un vautour avide, Jalouse de te voir des ailes de sylphide, Et ne pouvant te suivre en ton vol enchanté.

Mais , non ! Si le malheur voulait te rendre esclave .

Tu bondirais comme une lave ;

Et si comme un léger soupir Tu ne t'envolais plus dans les sphères divines , Sur l'enfant qui s'endort, sur la fleur des ravines Comme un petit oiseau tu viendrais t'assoupir.

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