‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 48 sur 177 · UNE VAGUE · texte numérisé non relu

UNE VAGUE

La voyez-vous venir ! Comme elle se replie ; Comme elle se grossit ; . . . comme elle multiplie

Les sillons de son front ; El comme elle obéit à la noire tempête Qui, pareille à l'éclair, a fait surgir sa tète

D'un abîme sans fond !

Telle qu'un long serpent qui poursuit une proie Et qui siffle en rampant, elle rugit de joie

A l'approche des rocs Dont les pieds calcinés ceignent la vaste plage ; On dirait qu'elle veut, brisant contre eux sa rage,

En dissoudre les blocs !

La voilà près du bord. Son front mouvant frissonne, Se hérisse dans l'air ; sa masse d'eau bouillonne

Dans ses verdâtres flancs ; Elle heurte le roc où l'onde en courroux fume ; Et l'on prendrait les jets de son casque d'écume

Pour des panaches blancs.

Elle monte on fumée, en pluie elle retombe, Puis, elle rebondit, et, pareille à la trombe,

Tourbillonne dans l'air.

Enfin , comme un lion au seuil de sa tanière , Elle secoue au vent son humide crinière

Et rentre dans la mer.

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