‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 53 sur 177 · LA HARPE · texte numérisé non relu

LA HARPE

Oh ! ne pouvoir trouver une ànie assez hardie , Qui veuiUe réchauffer ma poitrine engourdie ! Un bras qui me dérobe aux coups de TOcéan !

Je regardai le ciel et j'y vis Ossian.

Il était comme un dieu , ceint d'une ardente écharpe ;

Et de son doigt brillant il m'indiquait sa harpe.

« Ramasse, me dit-il, cet auguste débris;

<( Que ton âme et tes rocs deviennent ses abris;

(( Et rends, à l'avenir, le rude chant gallique

<c Frère de tes zéphyrs, parfumés de musique. »

A moi, harpe des mers, m'écriai-je ffiissilôt,

Viens, fille de Fingal! et d'un pas intrépide

J'escaladai le roc anguleux et rapide. . .

Mais <iuel Ilot colossal court sur nous, ou, plutôt.

Quel mont mouvant s'avance, en grondant, vers la cime

Où la harpe se livre au transport qui l'anime,

Comme sur l'ennemi fondait le soldat roi !

Horreur! le Ilot, tandis que je pâlis d'effroi,

Déferle sur le roc, prend la harpe. . . el rabime! ! !

Toi qui reprends ton vol sous le souffle de Dieu , Harpe, foyer des chants, ne me dis pas adieu !

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