A FRÉJUS
Les maritimes vents , effleurant les rivages , Apportent jusqu'à moi des murmures confus.
Est-ce la lyre de Gallus
Qui vient pleurer, dans les nuages,
La décadence de Fréjus?
Fréjus, fille de Rome, ô fameuse ruine! Lambeau du colosse puissant Qui va toujours en s'effaçant Sous le pied du temps qui te mine , Oh ! réponds : as-tu su garder
La pierre que César jeta pour te fonder ?
A FREJUS.
Oïl donc est Taqueduc , aux arcades superbes , Qu'en tes jours glorieux Octave avait bâli?
Deux mille ans Tout anéanti, Et son front orgueiUeux gît au niveau des herbes.
Amphithéâtres, cirque, aériens gradins, Où le peuple , afîamé de spectacles atroces , Aux cris de ses lions, de ses tigres féroces, Aux douleurs des captifs, à leurs lambeaux humains. S'agitait et battait des mains!
Edifices pompeux, coupoles étagées,
Magnifiques temples païens Qui croulâtes, fondus par le sang des chrétiens, Arcs de triomphe, tours de vingt siècles chargées,
Pleurez, sur le gazon d'un jour.
Votre ancienne grandeur, éteinte sans retour !