‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 58 sur 177 · A CH. F · texte numérisé non relu

A CH. F

Trace un sillon de feu sur la voûte étoilée , Ta Comète, en fuyant, sema de feu ses pas.

Et ma prunelle en pleurs, fixe comme une étoile, Tant qu'elle put la voir, accompagna ta voile ; Et quand tu disparus, quand l'espace et la nuit, Dans une ombre jalouse à mes yeux te voilèrent, Ma pensée et mon cœur après toi s'envolèrent, Et depuis cet instant mon souvenir te suit.

Oh ! dans ces tristes jours que si loin tu dépenses , Est-ce à ton beau pays , est-ce à nous que tu penses ? Tu m'as dit en partant : « Aux cœurs qui me sont chers Le mien laisse en dépôt et sa vie et sa joie. » C'est un peu de ma vie, ami, que je t'envoie Par ces grands messagers qui traversent les mers.

Je confie , en tremblant , aux vagues infidèles Les intimes trésors qu'on échange par elles. Que d'espoir ont trahi ces vagues oii tu cours ! Leur calme majesté de colère est suivie! Tu les aimes pourtant , l'orage de la vie Et l'orage des mers se partagent tes jours!

Oh! que ces flots, objets de ton idolâtrie.

Te portent chaque jour des parfums de patrie

Et les vœux que nos cœurs forment pour ton retour!

Qu'ils ne sentent jamais l'éperon de l'orage.

Et que leur grande voix, au lieu de cris de rage.

Répète jusqu'à toi nos souvenirs d'amour!

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