‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 96 sur 177 · ASPIRATION · texte numérisé non relu

ASPIRATION

OÙ souvent tout un siècle accélère sa fin? Est-ce bien toi qui veux que tout fléau progresse , Qui permets que dans l'or le fainéant s'engraisse , Que l'ouvrier meure de faim?

Dieu puissant, le plus doux et le plus saint des pères, Est-ce toi qui nous fuis et qui nous désespères , Qui veux que tout ici se dessèche à souffrir? Dieu de bonté, d'amour, est-ce toi qui nous damnes? Dieu clément, Dieu de vie, est-ce toi qui condamnes Tout ce qui respire à mourir?

Oh! non, ce n'est pas toi! tout le crie à mon âme, Ce n'est pas toi , Seigneur, qui souffles sur ta flamme ! Non, la mort ne naît pas de ton éternité! Nous errons dans la nuit, nous cherchons la lumière; Seigneur, loin de nos yeux chasse l'erreur grossière Seigneur, Seigneur, la vérité !

Illumine le front des prophètes sublimes Qui traversent sans peur la nuit de nos abîmes, Qui t'appellent toujours, qui te cherchent partout! Que ta main les conduise et soutienne leurs tètes Que désolent nos maux, que courbent nos tempêtes. Et qui n'en sont pas moins debout !

Entends ce cri profond qui chaque jour s'élève Avec l'encens des mers qui monte de la grève! Calme la soif du cœur par le doute irrité ! Tu peux tout, ô mon Dieu! fais rayonner tes flammes. Seigneur, je te traduis le cri de bien des âmes : Seigneur, Seigneur, la vérité !

Car notre âme est lasse et glacée.

Le vain travail de la pensée A laissé nos cœurs atterrés ; Car, sans soleil dans notre roule , Par toi seul, de l'enfer du doute Nous pouvons être retirés.

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