‹ Poésies de Charles PoncyChapitre 95 sur 177 · ASPIRATION · texte numérisé non relu

ASPIRATION

Mon Dieu! je n'ai plus de courage Pour lutter contre le naufrage!

Mon Dieu! je suis anéanti; Mon esprit s'est trompé de route; Et, dans les abîmes du doute, Tout entier je suis englouti.

Tes prêtres m'avaient dit : a Nul malheur sur ta tète a Ne tombe, sans que Dieu l'ordonne ou le permette. » A souffrir bien des maux je m'étais résigné. Mais quand j'ai vu la mort frapper tous ceux que j'aime,.

0 mon Dieu ! je n'ai pu contenir le blasphème Au fond de mon cœur indigné.

Oh! dis-moi, puissance éternelle,

0 Providence maternelle ,

Que nous aimons, qui nous défends,

Est-il vrai , peux-tu te résoudre

A faire usage de ta foudre ,

Pour briser tes faibles enfants?

0 Seigneur! est-ce toi qui gèles les rosées. Qui veux qu'à tous les vents nos fleurs soient exposées , Et qui sur les blés mûrs, par un funèbre soir, Promènes la rafale aux hurlements étranges , Ou fais , avec l'éclair, tomber au fond des granges L'incendie et le désespoir?

Est-ce toi dont la main , dans la mer en délire , Engloutit matelots, espoir, trésors, navire, Attise le brasier des volcans assoupis , Sous le déluge ardent des laves embrasées Fait tomber les cités comme des fleurs brisées , Les clochers comme des épis?

Est-ce en ton nom , Seigneur, qu'on sanctifie un crime , Qu'un prêtre au peuple saint donne un roi qui l'opprime , Qu'on immole au veau d'or l'austère pauvreté , Que le front des vertus saigne sous les épines. Et qu'on détruit ainsi tes deux œuvres divines : La liberté, l'égahlé?

Est-ce ton bras sacré , Dieu de paix , qui suscite

La guerre, où, dans le sang, la soif du sang s'excite,

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