‹ Poésies de Choderlos de LaclosChapitre 17 sur 27 · LES QUATRE PARTIES DU JOUR · texte numérisé non relu

LES QUATRE PARTIES DU JOUR

TOUJOURS belle et toujours sévère, Si Thémire a su m 'enflammer, C'est moins par l'espoir de lui plaire Que par le bonheur de l'aimer.

Toujours plus charmante et plus belle, Thémire m'offre à chaque instant, L'attrait d'une beauté nouvelle.

Sans que je devienne inconstant.

Au matin, d'une jeune rose Thémire offre l'éclat flatteur :

C'est une fleur nouvelle éclose Elle ravit par sa fraîcheur.

Le coloris de la nature, Le fard que donne la pudeur, Sont l'ornement de sa parure, Et l'interprète de son cœur.

A midi lorsqu'elle s'apprête A prendre de nouveaux atours, C'est Vénus, dans un jour de fête.

Se jouant avec les amours :

Mais de cent parures nouvelles.

En vain l'éclat est emprunté, Tout ce qui pare les plus belles.

Est embelli par sa beauté.

Au milieu d'un monde agréable, Il faut la suivre vers le soir; Elle est toujours la plus aimable, Et n'a pas l'air de le savoir.

Dans son esprit est la finesse, Et dans son cœur le sentiment, On croit entendre la tendresse Folâtrer avec l'enjouement.

De la nuit, la riante image

Devroit achever ce portrait;

Par malheur Thémire est trop sage.

Et le tableau reste imparfait.

Mais si quelque jour, moins sévère,

Elle permet de le finir.

Qu'il soit trace par le mystère.

Et gravé par le souvenir.

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