DE TRÈS JOLIS VERS
A l'âge où l'on foit des poupées.
Vous composés des vers cliarmans ; Tandis que, dans des jeux d'enfans, Vos compagnes désoccupées Perdent leur esprit et leur tems, Vous cultivez tous les talens, Et déjà votre renommée, Redoutable aux Auteurs du tems, Fait craindre à leur troupe alarmée Une rivale de douze ans.
Nulle étude n'est étrangère A votre esprit, à votre goût ; Et si vous traitez de chimère Ces récits, où brille sur-tout Un revenant, une sorcière, Cependant vous savez vous plaire Aux contes à dormir debout.
Mais vous les lisez dans Homère.
Vous rassemblez les agrémens, De tous les lieux, de tous les âges ; Vous avez tous les sentimens Tous les tons, et tous les langages ;
Tour à tour vous plaisez aux sages Et vous amusez les enfans.
L'esprit vous donne des années , Il a su hâter vos beaux jours :
De vos brillantes destinées, Il saura ralentir le cours ; Et, par lui, vous serez toujours, Dans les époques fortunées, Et des talens et des amours.
Croyez à cet heureux présage.
C'est l'exemple qui m'encourage A vous promettre un sort si doux :
Les neuf déités du Permesse Ne connurent, ainsi que vous.
Ni l'enfance ni la ^^eillesse.