L ILLUSION
« Car je suis la Maya triomphante, éternelle ! Tes sens et ton esprit n'obéissent qu'à moi, Je colore à tes yeux toute forme charnelle, Je suis dans ton plaisir, je suis dans ton effroi.
« Quand tu crois progresser, c'est ton rêve qui change ; Et si ton cœur se ferme, impassible et hautain, Même alors je t'aveugle en ton orgueil étrange. Adore-moi, mortel, car je suis ton destin ! »
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aisez-vous, pâles fantômes Qui vous prétendez des dieux !
C'est moi qui tiens des atomes Le creuset mystérieux.
Désir, Illusion vaine, Servez votre souveraine :
Que votre puissance entraîne L'homme enivré vers la Mort !
Sans vous il pourrait connaître La misère de son être, Et, se refusant à naître, Il trahirait mon effort.
« Cachez-lui par vos chimères L'ombre immense où je l'attends, Et, sous les cieux éphémères, La fuite de ses instants; Qu'il vive, pense et s'efface Sans déchiffrer sur ma face Le but sombre qu'à sa race