‹ Poésies de Daniel LesueurChapitre 12 sur 85 · LA MAIN DE LA MOMIE · texte numérisé non relu

LA MAIN DE LA MOMIE

Hélas! ma main de chair, ma main vivante et rose Qui sur la bandelette autour de ton poignet Ou sur tes maigres doigts sans nul effroi se pose, Doit vivre moins que toi, que l'Egypte craignait Et sauva par les soins que son art enseignait.

Mes doigts vivants, à moi, se réduiront en cendre,

Et les tiens garderont leur exquise raideur.

La tombe où promptement il me faudra descendre

Des sépulcres du Nil n'a point la profondeur,

Car la mort est chez nous, 6 Reine, sans grandeur.

Reste au moins avec moi durant ma courte vie,

Petite main rigide et que baisait un roi.

Ce qui t'a fait frémir et ce qui t'a ravie,

Vois, après trois mille ans m'enchante ainsi que toi :

De l'éternel amour c'est l'éternel émoi.

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