‹ Poésies de Daniel LesueurChapitre 27 sur 85 · L'ATOME HUM^AI'ZL · texte numérisé non relu

L'ATOME HUM^AI'ZL

1— 'ans l'organisme obscur la cellule captive Naît, évolue et meurt, et pour un court moment Peut croire qu'elle existe et se meut librement, Quand la Force, en ses jeux universels, l'active.

Inerte esclave aussi, notre terre chétive, D'un Tout mystérieux parcelle en mouvement, Se proclamait jadis centre du firmament, Nommant éternité son heure fugitive.

Et l'être humain, soumis à l'ordre illimité,

Seul veut sauver encor sa personnalité.

Mais de l'astre à l'atome à nos yeux tout s'enchaîne.

Il s'efface, le rêve à notre orgueil trop doux. Entre le berceau frêle et la tombe prochaine, L'éclair de notre vie, hommes, n'est point à nous.

I arfois, lorsque je songe aux sombres destinées Qui sont nôtres, mon cœur ému se glace en moi, Car c'est un sort étrange, amer et plein d'effroi Celui que subit l'homme en ses courtes années.

Vers un but inconnu ses forces détournées N'obéissent jamais un instant à sa loi;

II souffre, pleure et lutte, et ne sait pas pourquoi, Car il voit au néant ses œuvres condamnées.

Si la terre demain s'arrêtait dans son cours, C'en serait fait de l'être et du temps et des jours. Un seul choc!... et soudain tout redeviendrait flamme.

Où donc seraient alors la gjpire, le progrès, Le renom du guerrier, la beauté de la femme? Pourquoi tant espérer s'il n'est plus rien après?

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