TOUJOURS
Mais il n'en est pas moins joyeux lorsqu'il palpite, Sublime et vain serment, sur nos lèvres de chair. Nous savons où le Temps entraine et précipite Tout ce qui nous est cher.
Si nous la murmurons, la trompeuse parole, A ceux de qui demain viendra nous séparer, Cest que l'amour poursuit cette illusion folle Et veut s'en enivrer.
Car, bien qu'il soit trop vrai que tout meurt et s'oublie, L'amour déjà n'est plus s'il croit qu'il peut finir. Nous aurions blasphémé, si l'aveu qui nous lie N'engageait l'avenir.
Et vous ignoreriez la véritable ivresse Si, bravant la raison sur son trône usurpé, De votre cœur le cri d'éternelle tendresse Ne s'était échappé.
Mais vous m'avez donné cette joie infinie. Qu'importe que je meure et que les temps soient courts ! A votre lèvre enfin, qui raille, doute et nie, J'ai fait dire : « Toujours! »
VKE TE'KSÉE T>E T^ASdAL
V-x Pascal, tu disais : « Quand l'univers immense Briserait l'homme, astre humble et qui dans l'ombre a lui, L'homme encor, méprisant l'univers en démence, Serait plus grand que lui.
« Tandis que la matière au hasard s'évertue, Lui, l'atome pensant, songe avant de périr; Le monde en l'écrasant ignore qu'il le tue ; Lui, sait qu'il va mourir. »
Et moi, je te réponds : Immortel solitaire, Penseur sombre et puissant qui refusas d'aimer, Notre orgueil est plus haut, mais ton génie austère N'a point su l'exprimer.
Si nous sommes très grands, si l'univers s'incline Devant le rayon pur qui tremble sur nos fronts, C'est que nous enlaçons d'une étreinte divine Ceux que nous adorons.