‹ Poésies de Daniel LesueurChapitre 65 sur 85 · LA PANOPLIE · texte numérisé non relu

LA PANOPLIE

L*A T^X.OTLIE

Vers l'angle où l'ombre douce attire le regard, Dans la pourpre enchâssé, l'acier pur étincelle; On dirait qu'un sang frais en longs filets ruisselle Sur le tranchant aigu du clair et fin poignard.

Le courbe yatagan lance un éclair hagard ; Sa gaine s'est usée à battre sur la selle; Et cette svelte dague, arme charmante, est celle Où Tolède épuisa son adresse et son art.

Toutes les voici donc, l'atroce avec l'exquise, Chacune ayant été par vous au loin conquise, Ces lames dont la pointe aime à percer les chairs.

Leur lit d'obscur velours les porte inassouvies, Car des cruels baisers qui leur furent si chers La soif les brûle encor, ces buveuses de vies.

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J e suis triste, ô grands bois! j'ai péché contre vous. Vous courbiez sur nos fronts vos feuillages si doux,

Qu'assombrissait la nuit divine; Et nous pouvions errer en nous disant tout bas Ces choses que, souvent, l'oreille n'entend pas

Tandis que le cœur les devine.

Hélas! et mes discours vous ont tous mis en deuil. J'ai laissé s'élever la voix de mon orgueil

Dans votre auguste et pur silence, Et j'ai blessé celui qu'en secret vous charmiez. Dites, m'écoutiez-vous quand vous vous endormiez

Au vent du soir qui vous balance?

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