REVE ET REALITE
H.ÊVE ET %E^4LITÈ
Vous n'avez pas voulu me suivre en un beau songe Où nous aurions vécu seuls et loin d'ici-bas, Couple unique, bercé d'un séduisant mensonge, Ignorant à jamais les vulgaires combats.
Vous n'avez pas voulu... Car votre regard plonge Dans l'âpre Vérité, que je ne connais pas, Et cette Vérité, dont le désir vous ronge, Seule a pu vous offrir d'indicibles appas.
Vous avez dédaigné mon rêve de poète,
Et, dissipant l'espoir de ma pauvre âme en fête,
Vous m'avez prodigué votre cruel savoir.
Soit... Marchons donc, ami, tout simplement sur terre. Mon cœur a, près de vous, choisi la route austère... Mais laissez-moi fermer les yeux, pour ne pas voir.
LE HO'hLHEUX
Li e bonheur... le bonheur... Cher, nous savons tous deux Combien ce mot étrange est vide de pensée, Ce mot dont l'âme humaine est à jamais bercée Entre la terre sombre et le ciel hasardeux.
Pourtant nous l'avons dit, et sur ma lèvre folle Avec une âpre ardeur il est souvent venu ; Je l'ai vu rayonner surtout dans l'inconnu : Mon cœur s'est fatigué de ce tourment frivole.
Et je vous ai parfois vous-même fait souffrir, Car n'ayant nulle idole et nul espoir au monde Hors vous, je m'irritais, en mon erreur profonde, due votre main ne sût d'un tel mal me guérir.
L'extase que le moine en sa froide cellule Trouve en Dieu, les vapeurs du haschisch et du vin, Ce qu'au monde réel l'homme demande en vain, Cet idéal fuyant dont le désir nous brûle,