PENSÉES D'AUTOMNE
<PEX.SE ES WiAUTOMXsE
.Le jour est passé; la nuit est venue
Sous son grand manteau tout de noir velours ;
La brume obscurcit la longue avenue...
Mais, tout bas, mon cœur, qui t'aime toujours,
Chante la chanson de toi bien connue.
Le soleil s'éteint; la pluie est venue, Ses voiles tremblants flottent sur les bois; L'horizon brouillé se perd sous la nue... En moi doucement murmure une voix, Une voix d'amour, de toi bien connue.
L'été s'est enfui ; la neige est venue ;
L'infini silence emplit nos forêts,
La lune pâlit leur cime chenue...
Mon cœur se souvient : elle a tant d'attraits,
L'histoire d'hier, par toi bien connue!
Les ans passeront. Quand sera venue La mort, qui clora mes yeux pour jamais, Qu'alors dans ta main ma main soit tenue, Afin que mon âme, ô toi que j'aimais, S'endorme en l'extase où tu l'as connue.
SERMEXTS d'aMOUR 237
SETLME'X.TS D'^LMOUTi
.L'exil, le temps, la douleur elle-même Sont les vaincus du grand Amour sacré.
C'est pour jamais, mon amour, que je t'aime : Je l'ai juré!
Je l'ai juré. Les bois sur la colline, Les grands prés verts que parfument les foins, Le ruisseau pur où le saule s'incline Sont mes témoins.
Ils ont reçu ma suprême parole.
Si tu gémis, d'un doute torturé, Que leur écho t'apaise et te console : « Je l'ai juré! »
Nous vieillirons, car tout change sur terre. Que ces amis, moins fragiles que nous, Longtemps encor gardent dans leur mystère L'aveu si doux.
Et quand, très tard, au déclin de ta vie, Tu reviendras en notre cher séjour, Que tout répète à ton âme ravie Mon chant d'amour;
Ce tendre chant qu'en mes jeunes années Je redisais pour charmer ton ennui :
A ses accents tes peines obstinées Toujours ont fui.
Et cependant tu proclamais la femme Un être frêle, impulsif, décevant...
Autant vaudrait se fier à son âme Qu'aux jeux du vent.
Mais j'opposais à ton soupçon farouche L'arrêt futur des rêveuses forêts, Sachant qu'un jour les serments de ma bouche, Tu les croirais.
Car s'il est vrai que tout meurt et s'efface, Il est un bien que rien ne peut ternir, Trésor qu'ici tout sentier te retrace : Un souvenir.
Chacun poursuit sans repos sa chimère, Rêve éternel dont le cœur est charmé.
Mais la moins vaine et la moins éphémère, C'est — en ce monde où la joie est amère — Avoir aimé.