‹ Poésies de F. AncelotChapitre 10 sur 67 · je le croire · texte numérisé non relu

je le croire

PHILIPPE

MARIE

0 ciel !

LUXUEIL.

Ah!

Sire,

pardonnez.

PHILIPPE

Achève.

LUNEUIL.

Comme moi vos barons consternés , Mais d'un meurtre odieux repoussant l'apparence , De bannir vos soupçons accueillaient l'espérance : A vos ordres soumis, ils ont porté leurs pas Dans la funèbre enceinte où règne le trépas ; C'en est fait, plus d'espoir! la royale victime Du fond de son tombeau vient dénoncer le crime.

PHILIPPE

Qu'as-tu dit ?

LUXEUIL

A ma voix amenés en ces lieux .

Les restes de Louis vont s'offrir à vos yeux :. Les voici !... Sur ce front et sur ce corps livide La main d'un Dieu vengeur grava le parricide ! Regardez !

PHILIPPE

0 mon fils!

MARIE

Mon Dieu, protége-moi!

PHILIPPE

Auprès de ce cercueil d'où vous vient cet effroi? Luxeuil , et vous , témoins de mon sort déplorable , Vous m'offrez la victime !... Où donc est le coupable ? Tout se tait! Craignez-vous de prononcer son nom? Qm m'arracha mon fils? qui versa le poison?

32 MAHIE DE BRADANT.

Parlez : prenez pitié de ma douleur profonde.

LUXEIIL.

Jadis le même crime a servi Frédésionde.

Je t'entends !

PHILIPPE

MARIE

Arrêtez ! Misérable imposteur, Qui fixes sur ta reine un œil accusateur, Du crime et du mensonge exécrable interprète , Réponds, as-tu pensé que ma terreur muette, Subissant plus longtemps tes perfides discours, Sous le poids des soupçons tomberait sans secours?

LUXEUIL

Je me tais! Le respect qu'on doit au diadème

MARIE

Parle donc! De mon front je l'arrache moi-même!

Parle 1 Je ne suis plus l'épouse de ton roi :

Une femme accusée est debout devant toi :

La voilà sans bandeau, sans sceptre, sans puissance ;

Son seul appui , c'est Dieu ! Ses armes, l'innocence !

PHILIPPE

Que faites-vous!

MARIE

Eh bien, que tardes-tu, Luxeuil?

Do mon rang devant toi j'ai dépouillé l'orgueil,

J'ai reconnu les droits que ta fureur s'arroge ; Réponds-moi maintenant ! C'est moi qui t'interroge ! D'un meurtre abominable on me soupçonne ici? Mais où sont les témoins, les preuves?

LUXEllL (montrant les barons et le cadavre).

Les voici !

PIIILU'I'E.

Comment?

LIXEUIL.

Nobles barons , que votre voix austère , Du plus grand des forfaits dévoilant le mystère, C<onfonde la coupable et réponde pour moi : Vous avez à venger le fils de votre roi ! Dites dans quel moment fut consommé le crime.

LE COMTE DE MELl.V.

Au banquet que la reine offrit à la victime.

MARIE

Grand Dieu !

PHILIPPE

Qui te l'a dit?

MELIX.

La coupe où sans remord , Une main criminelle avait versé la mort.

Est-il vrai?

o'f MARIE DE BRADANT.

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