MELUN
Sous nos yeux, dans le vase perfide, L'art vient d'interroger le breuvage homicide ; Ce laurier, que la rose embellit de son nom , Dans sa feuille embaumée enferme le poison : Cet arbre, avec amour cultivé par la reine, De ses sucs dévorants avait armé sa haine ; Dans le sein de Louis leur poison a coulé.
PHILIPPE
Malheureux! qu'en sais-tu?
MELLN.
Le cadavre a parlé !
Les traces qu'y laissa le funeste breuvage Mêlent à notre voix leur muet témoi^as;e.
Je succombe !
MARIE
PHILIPPE
Cruels , fuyez mon désespoir
LIXEIIL.
Nous avons . en tremblant , rempli notre devoir : - Sire , de vos douleurs je gémis plus qu'un autre ; Mais l'intérêt d'un fils , sa haine pour le vôtre , Ce banquet , ce poison chez elle retrouvé. Tout accuse la reine : un grand meurtre est prouvé , Le peuple en est instruit , vos barons le dénoncent ; Que la reine réponde; et que les lois prononcent!
Craignant pour noire roi quelque nouveau danger, Armés pour sa défense, et prompts à le venger, Nous devions, révélant le plus affreux des crimes, Déposer à ses pieds nos soupçons unanimes ; Nous l'avons fait , partons !
MARIE
Philippe!...
PHILIPPE
Je vous fuis !
MARIE
Philippe, écoutez-moi !
PHILIPPE
Dans le trouble où je suis , Je ne puis vous juger, je ne puis vous entendre , On vous accuse, adieu ! Songez à vous défendre.
11 sort : Luxeuil le suit et ne le quitte plus; De l'héritier du trône il redit les vertus : Pour ce fils au cercueil réveillant sa tendresse , Il irrite Philippe; et sa perfide adresse. Des remords de l'époux prévenant le retour. Par l'amour paternel triomphe de l'amour.
Quand l'insecte aux longs bras qui, dans sa course agile, D'un perfide réseau tend le piège fragile , A vu le moucheron briser ses fils légers.