L'ANNIVERSAIRE
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»B le 20 iiiar.- IkU, ou iiâ-ini; temps que le roi de Hoiiit-, ûlj île rempirciu Napoléon.
A pareil jour, alors qu'à la lumière S'ouvraient vos yeux dans un simple reduil, Un autre enfant commençait sa carrière, Dans les grandeurs, et le faste, et le bruit : De vos destins voyez la différence A leur début, ainsi que dans leur cours, Deux royautés naissaient ensemble en France, L'une est tombée, et l'autre vit toujours.
Dans son berceau, de l'empire du monde L'enfant royal put caresser l'espoir , On promettait à sa race féconde L'éternité d'un immense pouvoir :
Un jour, hélas! contre lui tout conspire,
POÉSIES DIVKRSKS. 399
Les éléments, les peuples et les cours!... Mais la Bonté ne perd point son empire, Et vous du moins vous régnerez toujours.
Des souverains la majesté royale A des soldats pour défendre ses droits, Et du combat quand vient l'heure fatale, Prince et soldats, tout succombe à la foisi Mais la Beauté^ par un doux privilège, A son pouvoir enchaîne les amours.
Puis, après eux. l'amitié le protège, Et vous du moins vous régnerez toujours.
Que de chagrins se cachent près d"un trône 1 Que de périls viennent l'envelopper î Quand des flatteurs la foule l'environne, Mille ennemis veillent pour le saper ; Un souffle abat l'orgueil de la naissance ; Des pauvres rois les règnes sont bien courts!. Mais à la Grâce on laisse sa puissance, Et vous du moins vous régnerez toujours.
Des potentats l'autorité chancelle.
Partout, dit-on, son prestige est détruit
Mais s'il est vrai qu'en nous armant contre elle,
A la nier chaque jour nous instruit,
V Esprit est roi, quoi qu'on fasse, ou qu'on dise ;
Malgré les sots, les jaloux et les sourds,
Ce sceptre-là, nul pouvoir ne le brise,
Et vous du moins vous régnerez toujours.
YI
Le noble enfant, dont les jeunes années Eurent jadis un sceptre pour hochet.
Vit au malheur les autres condamnées.
Car sous sa pourpre un serpent se cachait : Courbant son front, pâle et sans diadème, C'est dans l'exil qu'il termina ses jours!... Vous, au milieu du cercle où Ton vous aime, Vous resterez pour y régner toujours.
20 mars 1831.