‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 109 sur 219 · Dont, par lequel · texte numérisé non relu

Dont, par lequel

Aimeroit ma vie, S'il m'envoyoil la mort !

Quelles pointes de rage

Ne sent mon courage 20

De voir que le danger, En vus ans les plus tendres

Menace vos cendres D'un cercueil étranger !

Je m'impose silence 25

En la violence Que me fait le malheur ; Mais j'accrois mon martyre,

Et n'oser rien dire M'est douleur sur douleur. 50

Aussi suis-je un squelette.

Et la violette, Qu'un froid hors de saison Ou le soc a touchée,

De ma peau séchée 55

Est la comparaison.

Dieux, qui les destinées Les plus obstinées Tournez de mal en bien,

SI. — Imité de Virgile, Enéide, IX, 435, comme l'a remarqué Saint-Marc :

Purpwcits veluti quum flos, succisus aralro Languftscit moriens; lassove papavera collo Demisere caput. pluvia quum forte gravantur.

Après tant de tempêtes i0

Mes justes requêtes N'obtiendront-elles rien !

Avez- vous eu les titres

D'absolus arbitres

De l'état des mortels, . -i^

Pour être inexorables

Quand les misérables Implorent vos autels ?

Mon soin n'est point de faire

En l'autre hémisphère Voir mes actes guerriers, Et jusqu'aux bords de l'onde

Où finit le monde Acquérir des Lauriers.

Deux beaux yeux sont l'empire Tour qui je soupire :

Sans eux rien ne m'est doux.

Donnez-moi cette joie

Que je les revoie, Je suis dieu comme vous.

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