‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 120 sur 219 · Horace, Odes, III, m · texte numérisé non relu

Horace, Odes, III, m

Quos inter Augustus recumbcns l'urpureo bibit ore nectar.

A. Chéxier.J

Tous les commentateurs avaient indiqué ce rapprochement ayant André Chénier, qui lui-même a dit, dans l'Aveugle, en parlant d'Homère :

Convive du nectar, disciple aimé des dieux.

21. [Très-belle image, supérieurement rendue et d'une manière bien Lyrique. Ce développement de sa pensée donne de la chaleur à l'ode et est flatteur pour la reine. A. Chénier.]

Qu'un débordement de licence 25

Feroit souffrir à l'innocence

Toute sorte de cruautés,

Et que nos malheurs seroient pires

Que naguère sous les Busires

Que cet Hercule avoit domptés ? ~o

Toutefois, depuis l'infortune

De cet abominable jour,

A peine la quatrième lune

Achève de faire son tour;

Ht la France a les destinées S5

Pour elles tellement tournées

Contre les vents séditieux.

Qu'au lieu de craindre la tempête.

Il semble que jamais sa tête

Ne fut plus voisine des deux. 40

Au delà des bords de la Meuse,

L'Allemagne a vu nos guerriers,

Par une conquête fumeuse,

Se couvrir le front de lauriers.

Tout a fléchi sous leur menace ; 4:i

29. — Busiris, roi d'Egypte, célèbre dans l'histoire ancienne par ses cruautés envers les étrangers qu'il sacrifiait aux dieux. 50. — [Gela est heureux et sont le travail. A. Chbnier.] 40. — [Belle image, belle tournure, belle expression, belle harmonie. A. Cuknier.] C'est peut-être à Malherbe que la Fontaine doit ce vers (I, xxu) :

De qui la lêle au ciel était voisine.

43. — L:i prise de Juliers, le *2 septembre 1610, par les troupes françaises, commandées par le maréchal de la Châtre et soutenues par Maurice de Nassau.

4'i. — [J'aime ce vers-là beaucoup. A. Cuéxieh.J

[/Aigle même leurafail place, Et; i,,. regardant approcher, Comme lions à qui tout cède, Y;, point eu de meilleur remède Que de fuir et se cacher.

0 reine, qui pleine de charmes

Pour toute sorte d'accidents,

As borné le flux de nos larmes

En ees miracles évidents,

One peut la fortune publique

Te vouer d'assez magnifique,

Si, mise au rang des immortels

Dont ta vertu suit les exemples,

Tu n'as avec eux, dans nos temples,

Des images et des autels ?

GO

One sauroit enseigner aux princes Le grand démon qui les instruit.

Dont ta sagesse en nos provinces

Afi L'atele est l'emblème de l'Allemagne et de l'Autriche S^T wLrmes est là dans le sens propre, ce qu, n'est pas *té ïuKén ^ neureuse. Ces quatre vers ne sont pas b,en

arran écrits

ïïpos^phe est bien piacéel^plande^tteod, es, bien con-

Ns'-lo. 186Ï • « Dont la vertu suit les exemples.» g" £■»»» poétique et noble en ce sens, ,«, m*-* d u

ei ? heureux mie; voyi les exemples rassembles par M. Lrttré.

Chaque jour n'épande le fruit?

Et qui justement uc peut dire, 65

A te voir régir cel empire,

Que, si ton heur étoit pareil

A tes admirables mérites.

Tu ferois dedans ses limites

Lever et coucher le soleil? 70

Le soin qui reste à nos pensées.

0 bel astre ! c'est que toujours

Nos félicités commencées

Puissent continuer leur cours.

Tout nous rit. et notre navire 73

A la bonace qu'il désire ;

Mais si quelque injure du Sort

Provoquoit l'ire de Neptune,

Quel excès d'heureuse fortune

Nous garantiroit de la mort ? 80

Assez de funestes batailles Et de carnages inhumains

09. —[Il a souvent répété cette image; elle est belle et grande. Le beau vers d'Eslher (III, iv) :

Et renferma les mers dans vos vastes limites.

a quelque rapport à cela. A. Ciiékikr.]

71 — Soin, sonei. [La transition est heureuse et facile; peut-être est-ce trop d'une stropbe entière pour l'exprimer; mais cela marcbe bien. A. Chékier.]

75. — [Il fait navire masculin dans cet endroit: ailleurs (IV, 70; I XVIII, 741 il le met au féminin. A. CnÉ.MEii.]

78. — [lia voulu suivre sa métaphore et avec raison; mais le sens est noyé dans les mots. A. Ciiénici;.]

81 et suiv. — [Pathétique et chaud. L'expression du troisième et du quatrième vers est vive et forte. Horace dit {Epocles, VII) :

Sua t'rljs hœc periret dextera.

POÉSIES DE F. MALHERBE. lui

Ont l'ait en nos propres entrailles

Rougir nos déloyales ma i us ;

Donne ordre que sous ton génie 8;i

Se termine cette manie,

El ({ue, las de perpétuer

Une si longue malveillance,

Nous employions noire vaillance

Ailleurs qu'à nous entre-tuer. no

La Discorde aux crins de couleuvres, Peste fatale aux potentats,

Ne finit ses tragiques œuvres

Qu'en la fin même des États.

D'elle naquit la frénésie 95

De la Grèce contre l'Asie,

Et d'elle prirent le flambeau

Dont ils désolèrent leur terre,

Les deux frères de qui la guerre

Ne cessa point dans le tombeau. 100

Et ailleurs [Épodes, XVI) :

Suis et ipsa Roma viribus ruit.

Et Corneille (Horace, IV, v; cf. Cinna, I, ni) :

Et de ses propres mains déchire ses entrailles. L'expression de Malherbe est peut-être plus forte encore. A. Cbé-

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