Cadix
10. — [Le sens de cette strophe me semble fade et plat En général, Malherbe ne loue point avec cette grâce et cette adresse qui l'ait pardonner l'adulation dans Virgile, Horace et Boileau.
"" La strophe de dix vers de huit syllabes employée par Malherbe dans les des* odes' que nous venons de citer est d'un usage très fréquent : c'est là en effet une forme rythmique qui allie l'ampleur à la régularité et que l'oreille saisit très facilement: mais la même strophe construite envers de sept syllabes, moins employée, a peut-être quelque chose de plus impétueux, de plus désordonné, qui saisit davantage, quand elle est maniée avec la puissance que Malherbe y déploie : c'est le rythme dont il s'est
Quand son Henri, de qui l;i gloire Fui une merveille à nos yeux, Loin «les hommes s'en alla boire Le nectar avecque les dieux, En cette aventure effroyable, 13
A qui ue sembloit-il croyable Qu'on alloit voir une saison Où nos brutales perfidies Feroienl naître des maladies Oui n'auroient jamais guérison?
Qui ne pensoit que les Furies Viendraient des abîmes d'enfer, En de nouvelles barbaries.
Employer la flamme et le fer ?
U. -\ Cette strophe peut avoir donné naissance à la plus belle strophe de Racan, qui est si justement fameuse : Ce grand Henri, dont la mémoire A triomphé du monument, Est maintenant comblé de gloire Sur les voûtes du firmament.
La nuit pour lui n'a plus de voiles, 11 marche dessus les étoiles, Il boit dans la coupe des dieux, Et voit sous ses pieds les tempêtes Venger sur nos coupables têtes La juste colère des cieux.
À. CllÉMEF,.]