‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 155 sur 219 · Les chênes de la forêt de Dodone · texte numérisé non relu

Les chênes de la forêt de Dodone

5S. — Sous le nom de Mopsus, c'est certainement lui-même que désigne Malherbe. Ce nom, dans l'antiquité, est celui de deux devins, et surtout d'un berger poète que Virgile, Égl.v, qualifie du nom de « divine poeta ». Les poètes se plaisent, on le sait, à se poser en divins prophètes. (Cf. XIV, 211 ; LXXIX, 1.)

Tous venins y mourront comme au temps de nos pères, Et même 1rs vipères Go

Y piqueront sans nuire, ou n'y piqueront pas.

La terre en tous endroits produira toutes choses ; Tous métaux seront or. toutes fleurs seront roses,

Tous arbres oliviers ; L'an n'aura plus d'hiver, le jour n'aura plus d'ombre, 70

Et les perles sans nombre Germeront dans la Seine au milieu des graviers.

Dieux, qui de vos arrêts formez nos destinées, Donnez un dernier terme à ces grands hy menées,

C'est trop les différer ; 75

L'Europe les demande, accordez sa requête :

Qui verra cette fête, Pour mourir satisfait n'aura que désirer.

Page 1