‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 161 sur 219 · Voy. LUI · texte numérisé non relu

Voy. LUI

— Éditi .h 1862 : « D'où », qui forme hiatus et qui pourrait bien n'être qu'une faute d'impression.

POUR LA GUÉRISOJfl DE CHRYSANTHE

STANCK S AP. 161G

Les Destins sont vaincus, et le flux de mes larmes lie leur main insolente a fait tomber les armes; Aniour en ce combat a reconnu ma foi : Lauriers, couronnez-mui.

Quel penser agréable a soulagé mes plaintes, r>

Quelle heure de repos a diverti mes craintes. Tant que du cher objet en mon âme adoré Le péril a duré ?

J'ai toujours vu ma dame avoir toutes les marques De n'être point sujette à l'outrage des Parques ; 10

Mais quel espoir de bien en l'excès de ma peur N'estimois-je trompeur?

LXXXII. — Chrysanthe étant le nom poétique de la personne célébrée dan» 1rs deux pièces précédentes ; on a pensé qu'il désignait ici encore Ami.' d'Autriche.

1 et -1. — La Fontaine, Élégie aux nymphes de Vaux. Les Destins sont contents :Oronteest malheureux. 4. — Comme l'a remarqué Ménage, Ovide a dit, A»i., 11, mi :

lie triûmphales circmn mea tempora, lama. 9. — Marques, indices, présages.

Aujourd'hui c'en est fait, elle est toute guérie; Et les soleils d'avril peignant une prairie, En leurs tapis de fleurs n'ont jamais égalé

Son teint renouvelé.

Je ne la vis jamais si fraîche ni si belle ; Jamais de si bon cœur je ne brûlai pour elle, Et ne pense jamais avoir tant de raison De bénir ma prison.

Dieux, dont la providence et les mains souveraines, Terminant sa langueur, ont mis fin à mes peines, Vous saurois-je payer avec assez d'encens L"aise que je ressens?

Après une laveur si visible et si grande, Je n'ai plus à vous faire aucune autre demande ; A-ous m'avez tout donné, redonnant à mes yeux Ce chef-d'œuvre des deux.

Certes vous êtes bons ; et combien que nos crimes Vous donnent quelquefois des courroux légitimes, 30 Quand des cœurs bien touchés vous demandent secours, Ils l'obtiennent toujours.

Continuez, grands dieux, et ne faites pas dire, On que rien ici-bas ne connoit votre empire, Ou qu'aux occasions les pins dignes de soins 35

Vous en avez le moins.

-9. — Combien que, quoique, bien que. « Cette locution a un peu vieilli, dit M. Liltré, mais elle mérite d'être conservée. » Très-fréquente aux treizième, quatorzième et quinzième siècles, comme le montre l'historique du mot.

Donnez-nous tous les ans des moissons redoublées, Soient toujours de nectar nos rivières comblées ; Si Chrysanthe ne vit et ne se porte bien,

Nous ne vous devons rien. 40

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