‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 160 sur 219 · POÉSIES DE F. H A L H E 1 \ B Y · texte numérisé non relu

POÉSIES DE F. H A L H E 1 \ B Y

Dont jamais âme fut blessée !

Quel excès de frayeur m'a su faire goûter

Cette abominable pensée, Que ce que je poursuis me peut assez coûter?

D'où s'est coulée en moi cette lâche poison, •: S

D'oser impudemment faire comparaison

De mes épines à mes roses ?

Moi. de qui la fortune est si proche des deux,

Que je vois sous moi toutes choses, Et tout ce que je vois n'est qu'un point à mes yeux. 50

N<>n. non, servons Chrysanthe, et, sans penser à moi, Pensons à l'adorer d'une aussi ferme foi

Que son empire est légitime.

Exposons-nous pour elle aux injures du sort ;

Et s'il faut être sa victime, 53

En un si beau danger moquons-nous de la mort.

Ceux que l'opinion fait plaire aux vanités

Font dessus leurs tombeaux graver des qualités

Dont à peine un dieu seroit digne ; Moi, pour un monument et plus grand et plus beaiii 40

Je ne veux rien que cette ligne :

« L'exemple des amants est clos dans ce tombeau. »

55. — Littré, Dict. : « Poison était autrefois féminin, comme le vont i'étymologie » potionem, potion). C'est vers le seizième siècle qu'un retrouve les premières traces de cette modification de genre. Cf. Jaubert, Gloss. (ht centre de la France.

Page 1