‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 170 sur 219 · POUR LA MARQUISE DE RAMBOUILLET · texte numérisé non relu

POUR LA MARQUISE DE RAMBOUILLET

CIIA NSON

Chère beauté, que mon âme ravie Comme son pôle va regardant,

•2!'. — D'une sorte, d'une seule et même espèce.

\C — Celle chanson, imprimée en lt;-20 dans les Délires de lu poésie française, el aussi, 'lit M. Laianne, dans le 'Recueil des plus

Quel astre d'ire et d'envie Quand vous naissiez inarquoit votre ascendant, Que votre courage endurci, 5

Plus je le supplie, moins ait de merci?

En tous climats, voire au fond de la Thrace, Après les neiges et les glaçons, Le beau temps reprend sa place, Et les étés mûrissent les moissons : 10

Chaque saison y fait son cours ; En vous seule on trouve qu'il gèle toujours.

J'ai beau me plaindre et vous conter mes peines, Avec prières d'y compatir ; J'ai beau m'épuiser les veines, 15

Et tout mon sang en larmes convertir ; Un mal au deçà du trépas.

Tant soit-il extrême, ne vous émeut pas.

Je sais que c'est : vous êtes offensée, Comme d'un crime hors de raison, 20

Que mon ardeur insensée En trop haut lieu borne sa guérison :

Et voudriez bien, pour la unir, Muter l'espérance de rien obtenir.

beaux vers, fut composée sur mi air donné à Malherbe, ce qui explique, mais ne justifie pas les irrégularités de la versification.

4. — Ascendant, signe du zodiaque qui monte sur l'horizon au moment de la naissance d'une personne, et qui, selon les astrologues, influait sur la destinée particulière de cette personne.

~ el suiv. — C'est le Non souper imbres d'Horace (Odes, II, ix). Voy. A. Chénier, Élégiest I, x, p. 178.

Vous vous trompez : c'est aux foibles courages, 25 Qui toujours portent la peur au sein, De succomber aux orages, Et se lasser d'un pénible dessein.

De moi, plus je suis combattu, Plus ma résistance montre sa vertu. 30

Loin de mon front soient ces palmes communes, Où tout le monde peut aspirer ; Loin les vulgaires fortunes, Où ce n'est qu'un, jouir et désirer.

Mon ^oût cherche l'empêchement ; 35

Quand j'aime sans peine, j'aime lâchement.

Je connois bien que, dans ce labyrinthe, Le ciel injuste m'a réservé Tout le fiel et tout l'absinthe Dont un amant fut jamais abreuvé ; 40

Mais je ne m'étonne de rien :

Je suis à Rodantlif. je veux mourir sien.

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