A MONSEIGNEUR LE DUC D'ORLÉANS
SONNET VERS 162i
Muses, quand finira cette longue remise De contenter Gaston, et d'écrire de lui?
7. — Comparez avec une pensée à peu prés semblable, LX1V. 14. — Le demeurant, le restant.
XCVIII. — Ce sonnet fut adressé à Gaston, duc d'Orléans, frère de Louis XIII. La date n'est pas certaine; cependant il fut composé plusieurs aunées avant 16-2S, époque à laquelle le duc d'Orléans atteignit sa vingtième année [voy. le vers 14). 11 parut en 1027 dans le Recueil des plus beaux vers.
1. — Remise, retard, par suite de l'action de remettre une ebose à un temps plus éloigné.
Le soin que vous avez de la gloire d'autrui Pont— il mieux s'employer qu'à si belle entreprise ï
En ce malheureux siècle, où chacun vous méprise, 5
Et quiconque vous sert n'en a que de l'ennui,
Misérable neuvaine, où sera votre appui,
S'il ne vous tend les mains et ne vous favorise?
Je crois bien que la peur d'oser plus qu'il ne faut,
Et les difficultés d'un ouvrage si haut, 10
Vous ôtent le désir que sa vertu vous donne ;
Mais tant de beaux objets tous les jours s'auginentants, Puisqu'en âge si bas leur nombre vous étonne, Comme y fournirez-vous quand il aura vingt ans?