Pour moi, en nia faveur
Mais à quelle autre loi Doit un parfait amant des respects et des craintes Qu'à celle de sa foi ?
Quand le ciel offriroit à mes jeunes désirs
Les plus rares trésors et les plus grands plaisirs 20
Dont sa richesse abonde,
Que saurois-je espérer k quoi votre présence, ô merveille du monde,
Ne soit à préférer ?
On parle de l'enfer et des maux éternels 25
Baillés en châtiment à ces grands criminels
Dont les fables sont pleines ;
Mais ce qu'ils souffrent tous.
Le souffré-je pas seul en la moindre des peines
D'être éloigné de vous ? 50
J'ai beau par la raison exhorter mon amour De vouloir réserver à l'aise du retour
Quelque reste de larmes :
Misérable qu'il est !
Contenter sa douleur et lui donner des armes, 55
Ces! tout ce qui lui plaît.
.Non, non. lai>>ons-nous vaincre après tant de combats; Allons épouvanter les ombres de là-bas De mon visage blême :
11» — Jeunes désirs Le comte île Soissons avait alors vingt an?. Sur celte expression j voj ci-dessus LXYI1I. 22.
Et, sans nous consoler, 40
Mettons fin à des juins que la Parque elle-même A pitié de filer,
Je connois Gharigène, el n'use désirer Qu'elle ait un sentiment qui la fasse pleurer
Dessus ma sépulture ; 45
Mais, cela m'arrivant, Quelle seroit ma gloire! et pour quelle aventure
Voudrois-je rire vivant ?
XCYII
A RABEL, PEINTRE
SUB l'N LITRE DE FLEURS
SONNET 16 2 4
Quelques louanges nonpareilles Qu'ait Apelle encore aujourd'hui, Cet ouvrage plein de merveilles Mel Rabel au-dessus de lui.
XCVII. — Ce sonnel irrégulier est adressé non pas à Jean Rabel, mais à son fils Daniel Rabel, peintre do fleurs, dont l'ouvrage manuscrit, Fleurs peintes par Rabel en 1624, a (Hé retrouvé par M Lalanne à la Bibliothèque nationale. Voyez la notice sur cette pièce dans l'édition de 1862, p. 2u7.
L'art y surmonte la nature ; 5
Et, si mon jugement n'est vain.
Flore lui conduisoit la main Quand il faisoit cette peinture.
Certes il a privé nies yeux
De l'objet qu'ils aiment le mieux, 10
Y y mettant point de marguerite :
Mais pouvoit-il être ignorant.
Qu'une fleur de tant de mérite Aurait terni le demeurant ?