‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 183 sur 219 · Dont, avec laquelle · texte numérisé non relu

Dont, avec laquelle

CI1I. — Ce fragment est extrait d'une lettre de Malherbe à Racan (voy é'iit. 1S6-2. tome IV, p. 31 ; cf. p. 25) ; ce sont les seuls vers en rimes plates que l'on connaisse de Malherbe. Ils lurent publiés, dit M. Lalanne, en 1627, dans on Recueil de lettres nouvelles.

1 — Penchant, inclinant.

Quand je rerrois Hélène, au monde revenue

En l'état glorieux où Paris l'a connue,

Faire à toute La terre adorer ses appas, o

N'en étant point aimé, je ne l'aimerois pas.

Cette belle bergère, à qui les Destinées

Sembloienl avoir gardé mes dernières années,

Eut en perfection tous les rares trésors

Qui parent un esprit et font aimer un corps. to

Cène furent qu'attraits, ce ne furent que charmes ;

Sitôt que je la vis, je lui rendis les armes,

In objet si puissant ébranla ma raison.

Je voulus être sien, j'entrai dans sa prison,

Et de tout mon pouvoir essayai de lui plaire 15

Tant que ma servitude espéra du salaire.

Mais, comme j'aperçus l'infaillible danger

Où, si je poursuivois, je m'allois engager,

Le soin de mon salut m'ôta cette pensée ;

J'eus honte de brûlei pour une aine glacée, 20

Et sans me travailler à lui faire pitié,

Restreignis mon amour aux termes d'amitié.

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