‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 192 sur 219 · Cf. A. Chénier, Ep. à Le Brun et à Brazais, vers · texte numérisé non relu

Cf. A. Chénier, Ep. à Le Brun et à Brazais, vers

56. — Ménage cite la même image plus fortement exprimée clans Virgile, Enéide, VIII, 246 :

. . . Trepidentque iinmisso lumine Mânes. El dans Ovule, Met., V, 558 :

Immissusque dies trépidantes (erreat uinbras. 42. — « Ceci est moins hyperbolique qu'il ne semble, » dit Sainte-

Et qui visiblement ne l'ait cas de sa vie Que pour te la donner.

Rien que ton intérêt n'occupe sa pensée, 45

Nuls divertissements ne rappellent ailleurs ; Et de quelques bons yeux qu'on ait vanté Lyncée, Il en a de meilleurs.

Son came toute grande est une âme hardie. Qui pratique si bien l'art de nous secourir, 50

Que, pourvu qu'il soit cru, nous n'avons maladie Qu'il ne sache guérir.

Le ciel, qui doit le bien selon qu'on le mérite, Si de ce grand oracle il ne t'eût assisté, Par un autre présent n'eût jamais été quitte 55

Envers ta piété.

Va, ne diffère plus tes bonnes destinées ; Mon Apollon t'assure et t'engage sa foi Qu'employant ce Typhis, Syrtes et Cyanées

Seront havres pour toi. 60

Certes, ou je me trompe, ou déjà la Victoire. Qui Sun plus grand honneur de tes palmes attend,

I'.euve, qui rappelle la prise de possession de Madagascar sur la fin de la vie de Richelieu.

52. — Dans une lettre, écrite en 1627, et adressée à M. Mentin (éd. 1862, tome IV, p. 104), Malherbe dit: « Nos maladies, que chacun estimait incurables, ont trouvé leur lîsculape en notre incomparable cardinal. »

58. — Mon Apollon, le dieu qui m'inspire. Ménage relève la même expression dans Ronsard, épiiaphe (VA. Chasteigner.

59. — Ce Typhis, ce pilote. Typhis était le pilote du navire Argo.

Est aux bords do Charente on son habit do gloire, Pour te rendre content.

Jo la vois qui t'appelle, et qui semble te dire : Cj

Roi, I»' plus grand des rois et qui m'es le plus cher. Si tu veux que je t'aide à sauver ton empire, Il est temps de marcher.

Que sa façon est bravo et sa mine assurée ! Qu'elle a fait richement son armure étoffer ! 70

Et qu'il se connoît bien à la voir si parée, Que tu vas triompher !

Telle, en ce grand assaut où des fils de la Terre La rage ambitieuse à leur honte parut.

Elle sauva le ciel, et rua le tonnerre 73

Dont Briare mourut.

63. — Sainte-Beuve (loc. cit.) : « On se rappelle le beau vers (LXI, 46).

Hymen en robe d'or le la vint amener.

Là-bas le vers tout nuptial : ici le vers triomphal et victorieux. »

Go. — Comme Balzac (Entretien XXXI) l'a remarqué, Yalerius

Flaccus, dans ses Argonautiques, 1, 76, avait montré la Gloire en

personne appelant, aux bords du Phase, Jason et la jeunesse ttaessa-

lîenne :

...Tu sola anirnos rnentemque peruris, Gloria! te viridam videam immunemque senectœ Phasidisin ripastantem, juvenesque vocantem.

70. — « Comme c'est riche et flottant, dit Sainte-Beuve (loc. cit.); on voit frissonner la draperie entremêlée à l'acier. Les anciens en sont pleins de ces vers pittoresques de son ou de lumière; les langues alors étaient plus jeunes et voisines des sensations. »

71 — Et qu'il se connaît bien, impersonnellement, pour: et qu'on connaît bien, et qu'on voit bien.

76. — Ruer, à l'actif, jeter avec impétuosité ; « sens qui a vieilli, » dit M. Littré. Cet emploi très-heureux de ruer est ancien dans la langue; voy dans le Dictionnaire de Littré, à l'historique du mot, les exemples des douzième, treizième et quatorzième siècles. Cf. Génin, Lexique de Molière, p. 5G4.

Déjà do tous côtés s'avanooient les approches ; Ici conçoit Mimas, là Tiphon se battoit, Et là suoit Euryte à détacher les roches

Qu'Encelade jetoit. so

A peine cette vierge eut l'affaire embrassée, Qu'aussitôt Jupiter, en son trône remis. Vit. selon son désir, la tempête cessée. Et n'eut plus d'ennemis.

Ces colosses d'orgueil furent tous mis en poudre, 85 Et tous couverts des monts qu'ils avoient arrachés ; Phlégre, qui les reçut, put encore la foudre Dont ils furent touchés.

77. — [Magnifique tableau, plein de chaleur et de mouvement. A. Chénieb.] Ménage rappelle des tableaux semblables dans Claudien et Sidoine Apollinaire, et. supposant que Malherbe les a imités, il ajoute avec raison : « Il faut avouer que la copie surpasse de beaucoup l'original. »

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