‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 36 sur 219 · A MONSIEUR PERRACHE · texte numérisé non relu

A MONSIEUR PERRACHE

SONNET

Le guerrier qui. brûlant, dans les cieux se rendit,

De monstres et de maux dépeupla tout le monde, Arracha d'un taureau la torche vagabonde, Et sans vie à ses pieds un lion étendit ;

Antée dessous lui la poussière mordit, S

Inégal à sa force à nul autre seconde,

Et l'Hydre, si souvent à renaître féconde,

Parmi coup de sa main les sepf têtes perdit.

De tout ce qui troubloit le repos de la terre

Le Berlan seulement fut exempt de sa guerre, 10

N'osant pas sa vertu poursuivre ce bonheur.

II. — Ce sonnet, signalé par M. Éd. Pournier, dans l'Artiste du 15 septembre 1850, fut joint aux œuvres de Malherbe, en 1SG2 {S'otice bibliographique, p. cxu-. Il se trouve, avec d'autres pièces, en têt'' d'un ouvrage publié, à Paris, en i;.S5 et en 1587, et intitulé : le Triomphe du Berlan, où soûl déduites plusieurs des tromperies du jeu et par le repentir sont montrez- les moyens d'éviter le pesché. par le capitaine I. Perrache, gentilhomme provençal.

">. — Le taureau deCrète qui soufflait du feu par les naseaux.

5. —Dans le mot Antée l> muet compte pour une syllabe. C'est le seul exemple qu'il y ait dans Malherbe de cette licence si fréquente avant lui.

10. — Berlan, brelan. Exemple de cette double prononciation, signalée par Chifilet. Voir, dans Littré, l'historique du mot.

Perrache qui s'émeut d'une sainte colère, L'attaque, le combat, el remporte l'honneur

D'avoir l'ait un travail qu'Âlcide n'a su faire.

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