‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 59 sur 219 · Élégant. A Ciiémbr · texte numérisé non relu

Élégant. A Ciiémbr

170. — .1 bord, à terre, sur le rivage. C'est avec cette signilica-

l>2 POESIES DE F. MALHERBE.

Cet Achille, de qui la pique

Faisoil aux braves d'Ilion

La terreur que fait en Afrique

Aux troupeaux l'assaut d'un lion,

Bien que sa mère eût à ses armes 175

Ajouté la force des charmes,

Quand les destins l'eurent permis,

N'eut-il pas sa trame coupée

De la moins redoutable êpée

Qui lût parmi ses ennemis '.'

ISO

Les Parques «l'une même soie

>"e dévident pas tous nos jour- :

Ni toujours par semblable voie

Ne font les planètes leur cours.

Quoi que promette la Fortune. 185

A la fin quand on l'importune,

Ce qu'elle a voit l'ait prospérer

Tombe du faite au précipice;

Et, pour l'avoir toujours propice,

11 la faut toujours révérer. 190

Je sais bien que sa Carmagnole Devant lui se représentant,

lion que Kégnier a employé cette expression dans Ja satire Vil, vers U\. ce dont Brossette l'a blâmé très-mal à propos. Ronsard,

Am. I. \li, l'a employée île même en parlant de Vénus, qui

Nageoit à bord dedans une coquille.

176. — En le plongeant dans le Siyx La moins redoutable épée esl celte de Paris.

191 et sniv. — Allusion à la guerre commencée en 1600 contre le duc de Savoie, qui s'étail emparé, en 1598, du marquisat de Saluées, dont Carmagnole est la capitale.

Telle qu'une plaintive idole.

Va son courroux sollicitant,

El l'invite à prendre pour elle r :,

Une légitime querelle ;

Mais doit-il vouloir que pour lui

Nous ayons toujours le teint blême,

Cependant qu'il tente lui-même

Ce qu'il pont faire par autrui? -20o

Si vos yeux sont toute sa braise,

Kl vous la lin de tous ses vœux,

Peut-il pas languir à son aiso

En la prison de vos cheveux ;

Et commettre aux dures corvée< %;>

Toutes ces âmes relevées.

Que d'un conseil ambitieux

La faim de gloire persuade

D'aller sur les pas d'Encelade

Porter des échelles aux cieuxï 210

Apollon n'a point de mystère,

Et sont profanes ses chansons.

Ou, devant que le Sagittaire

Deux fois ramène les glaçons,

Le succès de leurs entreprises, 215

De cpii deux provinces conquises

201. — Braise, ardeur. Littré : « Vieux en ce sens. » On peut même dire que ce mot a toujours appartenu au style comique ou erotique; voy. le Lexique de Corneille île M. Godefroy.

210. Malherbe compare les Français traversant les montagnes de la Savoie à Encelade escaladanl les cieux.

Ont déjà lait preuve à leur dam,

Favorisé do la victoire,

Changera la fable en histoire

I>l* Phaéton en l'Éridan. 220

Niée, payant avecqne honte

Un siège autrefois repoussé.

Cessera de nous mettre en compte

Barberousse qu'elle a chassé;

Guise en ses murailles forcées 225

Remettra les bornes passées

Qu'avoil notre empire marin;

Et Soissons, fatal aux superbes,

Fera chercher parmi les herbes

En quelle place fut Turin. i30

■217 — .4. leur dam, à leur préjudice. Il veut dire : c'est à leur préjudice que deux provinces conquises (la Bresse et la Savoie) ont prouvé qu'on pouvait espérer dans le succès des entreprises de Biron et de Lesdiguières. Ménage trouvait déjà cette locution vieillie. La Fontaine remployait encore en 1(194 (Fab., XII, xxm) ; et on la retrouve sous la plume, volontairement archaïque, de P.-L. Courier.

221-221 — Allusion, explique Saint-Marc, au siège de Nice, fait en ioiô du côté de la terre par les Français et du côté de la mer par une flotte turque que commandait Barberousse, siège que fit lever la (lotte de Charles-Quint.

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