Paris, endroits, lieux, comme ci-dessus, IV
151. — [Cette strophe est très-élegamment écrite et poétiquement
tournée; mais les quatre premiers vers ont un sens obscène, et c'est une grande absurdité. Il faut avoir bien peu de goût, de jugement, de bienséance, pour présenter une pareille image à une jeune femme qui vient de se marier. Les épithalames antiques sont remplis de tableaux tendres, jeunes, voluptueux, mais jamais licencieux. Ces peintures libertines, qui excitent les sens lorsqu'on les trouve dans une ode bachique ou dans une priapée, choquent et déplaisent dans une occasion comme celle-ci. A. Chénieu.] Saint-Marc avait remarqué déjà qu'il y avait dans cette strophe « un fond de gaillardise qui paraîtrait sans doute aujourd'hui peu conforme au respect que la majesté royale semble exiger. »
C'est là qu'il faut que les années 155
Lui coulent comme des journées,
Et qu'il ait de quoi se vanter
Que la douceur qui tout excède
N'est point ce que sert Ganymède
À la table de Jupiter. 160
Mais d'aller plus à ces batailles
Où tonnent les foudres d'enfer,
Et lutter contre >\o^ murailles
D'où pleuvent la flamme et le 1er,
Puisqu'il sait qu'en ses destinées 105
Les nôtres seront terminées,
Et qu'après lui notre discord
-N'aura plus qui dompte sa rage ;
N'est-ce pas nous rendre au naufrage,
Après nous avoir mis à bord ? 170
155 et 156. — [Deux vers exquis! A. Ghé.mep..] M. de Racan, dif Minage, a imité ces vers de Malherbe dans son Ode bachique à Maynard :
C'est luy (le vin) qui fait que les années
Sous durent moins que des journées.
161. — Plus, encore, de nouveau; signification autrefois trèscommune; voy. F. Godefroy, Lexique de Corneille.
165. — [Quelles images frappantes! quelles expressions vives, neuves et hardies ! Lutter contre des murailles ! Le quatrième vers est le ferreus imber de Virgile. A. Luîhier.] Virgile, Enéide, XII, m :
. , It toto turbida coïlo
Tempestas telorum, ac ferreus ingruit imber.
Saint-Maie avait déjà fait ce rapprochement; il cite encore cette phrase «lu psaume xi : « Pluet super impios igneus et sulphur. » Sauf le vers plus ancien d'Ennius, déjà remarque par Macrobe (VI, 1), les autres exemples qu'il ajoute de Glaudien et de plusieurs poètes italiens sont des imitations de Virgile.