Malherbe, comme l'a remarqué M. Lalanne, s'est souvenu
ici de ce passage du Traité des bienfaits de Seoèque (IV. vt, qu'il a traduit ainsi : << Qui nous a fait naître toutes ces espèces d'animaux, les uns en terre ferme, les autres en l'eau, et les autres en l'air, afin qu'en tout le corps de la nature, il n'y eût membre qui ne payât à L'homme quelque tribut? »
58. — Littré : « Bassement ne se dit plus pour à voix basse ; il s'esl dit autrefois en ce sens. (Suit l'ex. de Malh.) a Cf. Malherbe, LU, 25.
XVIII — Ces stances furent composées à l'occasion du combat de barrière qui eut lieu le 25 février 16U5. Bassompierre, qui en
Aura jusqu'aux deux bouts du monde
Planté des forêts de lauriers,
Et fail gagner à ses armées 5
Des batailles si renommées,
Afin d'avoir cette douleur
D'ouïr démentir ses victoires,
Et nier ce que 1rs histoires
Ont public de sa valeur ! 10
Tant de fois le Rhin et la Meuse,
Par nos redoutables efforts,
Auront vu leur onde écumeuse
Regorger de sang et de morts;
Et tant de fois nos destinées 15
Des Alpes et des Pyrénées
Les sommets auront fait branler ;
Afin que je ne sais quels Scythes,
Bas de fortune et de mérites,
Présument de nous égaler? 20
Non, non : s'il est vrai que nous sommes Issus de ces nobles aïeux
parie, ne donne que peu de détails. « Notre partie, dit-il, était les chevaliers de l'Aigle, et étions le comte de Sault, Saint-Luc et moi qui entrions ensemble. » Ce qu'on peut inférer de la suite de la pièce, c'est que les adversaires des pairs de France représentaient des Scythes. Ces stances furent imprimées en 1605 dans le Recueil des cartels et défis... pour le combat de la barrière.
\. — Balzac, selon Ménage, blâmait l'expression de planter des forêts de lauriers. Il avait raison : on cueille, on moissonne, on rapporte «les lauriers. « Ou Malherbe, dit Saint-Marc, a pris au cavalier Marin ou le cavalier Marin a pris à Malherbe cette expression qui ne vaut guère mieux en italien qu'en français. » Segrais l'a employée de la seule manière acceptable en disant :
Que Malherbe autrefois sur ce fameux rivage (l'Orne) Planta de ses lauriers sur le Pinde cueillis.
Que la voix commune des hommes
A fait asseoir entre les dieux;
i es arrogants, à leur dommage, 25
apprendront un autre langag
Et dans leur honte ensevelis,
Feront voir à toute ta terre
Qu'on est brisé comme du verre
Quand on choque les fleurs de lis. 50
Henri, l'exemple des monarques
Les plus Taillants et tes meilleurs,
Plein de mérites et de marques
Qui jamais ne furent ailleurs :
Bel astre vraiment adorable 5.-1
De qui l'ascendant favorable
En tous lieux nous sert de rempart,
.Si vous aimez votre louange,
Désirez-vous pas qu'on la venge
D'une injure où vous avez part? i0
Ces arrogants, qui se défient
De n'avoir pas de lustre assez,
Impudemment se glorifient
Aux fables des siècles passés ;
Et d'une audace ridicule fâ
Nous content qu'ils sont fils d'Hercule,
Sans toutefois en faire foi :
Mais qu'importe-t-il qui puisse être