De moi, pour moi
De moi, toutes les fois que j'arrête les yeux A voir les ornements dont tu pares les deux, Tu me semblés si grand, et nous si peu de chose, io
Que mon entendement Ne peut s'imaginer quelle amour te dispose A nous favoriser d'un regard seulement.
Il n'est faiblesse égale à nos infirmités ;
.Nos [tins sages discours ne sont que vanités, 20
Et nos sens corrompus n'ont goût qu'à des ordures;
Toutefois, 6 bon Dieu, Nous te sommes si chers, qu'entre tes créatures, Si l'ange a le premier, l'homme a le second lieu.
Quelles marques d'honneur se peuvent ajouter -2b
.V ce comble de gloire où tu l'as fait monter '(
Et, pour obtenir mieux, quel souhait peut-il faire,
Lui <{ue, jusqu'au ponant, Depuis où le soleil vient dessus l'hémisphère, Ton absolu pouvoir a fait son lieutenant? 30
Sitôt que le besoin excite son désir,
Qu'est-ce qu'en ta largesse il ne trouve à choisir ?
17 — Quelle amour. Voy. Littré : « Amour a été masculin et féminin dans les deux siècles dernier? Etc. » 21. — Molière, Tartufe, III, vi :
Chaque instant de nia vie est chargé de souillures ; Elle n'est qu'un amis de crimes et d'ordures.
24. — Édil. 1862 : « Si l'ange est le premier. » La leçon que nous suivons est due à une correction de Saint-Marc; elle est d'ailleurs donnée par le recueil de 1615.
30. — Ton absolu pouvoir, poétique transposition de l'épithéte, qu'on trouve dans Racine, Alhalie, IV, m, et dans A. Chénier, le Jeu de paume, 275.
Et. par ion règlement, l'air, la mer et la terre
N'entretiennent-ils pas I ne secrète loi de se faire la guerre À qui de plus de mets fournira ses repas?
Certes, je ne puis faire, en ce ravissement,
Que rappeler mon came, et dire bassement : 0 sagesse éternelle, en merveilles féconde !
Mon Dieu, mon créateur.
Que ta magnificence étonne tout le monde, Et que le ciel est bas au prix de ta hauteur!
X V I i I POUR LES PALADINS DE FRANCE
ASSAILLANTS DANS l'.N COMBAT DE BARRIÈRE
STAKCES
Eh quoi dune ! la France, féconde En incomparables guerriers,