Difficile : A. CnâsiER
78. — [Équivoque! A. Ciiémer] L'équivoque provient de ce que dans le premier membre de phrase le est sujet de l'infinitif régner, et que. dans le second, te est le régime de l'infinitif servir.
"'' — [Autre strophe pure, harmonieuse, animée, pleine de et de facilité. Je ne sais rien nulle part où il y ait plus d'imagination, de goût, de vraie poésie que dans les deux derniers vers. Le dernier surtout est d'une élégance si exquise, qu'il n'a pas été surpassé en français. 11 est tout à fait virgilien. A. Chénier.]
84. — [Divin : A. Cil Mil;.] A. Chénier a dit dans Arcas et Palcmon, p 90:
Lt l;iutomne a tenu les promesses de Flore.
El voyez la pensée contraire dans une de ses Élégies, I. is, p. l7o.
86 — [Au second vers, merveille est employé dans son sens primitif d'étonnement, comme maraviglia en italien. 11 faut s'en souvenir et l'imiter; car c'est une vraie richesse de langage. A. Ciiémer.]
POESIES DE F. MALHERBE. bo
Ton pouvoir absolu, pour conserver noire aise, Conservera celui qui nous l'aura causé.
Quand un roi fainéant, la vergogne des princes, Laissanl à ses flatteurs le soin de ses provinces, Entre les voluptés indignement s'endort, Quoique l'on dissimule, on n'en fait point d'estime : Et si la vérité se peut dire sans crime, O'o
C'est avecque plaisir qu'on survit à sa mort.
Mais ce roi, des bons rois l'éternel exemplaire,
Qui de notre salut est l'ange tutélaire,
L'infaillible refuge et l'assure secours,
Son extrême douceur ayant dompté l'envie, 100
De quels jours assez longs peut-il borner sa vie,
Une notre affection ne les juge trop courts?
.Nous voyons les esprits nés à la tyrannie,
Ennuyés de couver leur cruelle manie,
Tourner tous leurs conseils à notre affliction ; 10o
01. — [Voilà une strophe divine, pleine de noblesse, de courage, de liberté, d'une force et d'une franchise d'expression qui rend le poète respectable et décèle une grande âme. Il est beau d"oser écrire à un roi sur ce ton. Mais Henri IV pouvait tout entendre. 11 y a d'autant plus de mérite à avoir fait celte strophe, qu'elle renferme une allusion évidente au régne de Henri 111. A Ghkhier.] Cette strophe fut la seule, suivant Pellisson, à laquelle l'Académie ne trouva rien à dire. « Et par là il parait, ajoute Ménage, qu'ils n'ont pas désapprouvé le mot de vergogne : dont je leur say bon gré. » Chevreau, dans son verbeux commentahv, s'est montré plus sévère que l'Académie tout entière. Le mot était déjà vieilli à cette époque; mais celte stropbe de Malberbe suffira pour le conserver à la liante poésie.
07. — Exemplaire, modèle : voy. dans Littré deux beaux exemples, l'un de Corneille, l'autre de Bourdaloue.
Kl lisons clairement dedans leur conscience,
Que s'ils tiennenl la bride à leur impatience. Nous n'en sommes tenus qu'à sa protection.
Qu'il vive doue. Seigneur, el qu'il nous fasse vivre ! Que de toutes ces peurs nos âmes il délivre : 110
Et rendant l'univers de son heur étonné, Ajoute chaque jour quelque nouvelle marque Au nom qu'il s*est acquis du plus rare monarque Que ta bonté propice ait jamais couronné !
Cependant son dauphin, d'une vitesse prompte, 115
l>e> ans de sa jeunesse accomplira le compte :
Et suivant de l'honneur les aimables appas.
De faits si renommés ourdira son histoire,
Que ceux qui dedans l'ombre éternellement noire
Ignorent le soleil, ne l'ignoreront pas. 120
Par sa fatale main qui vengera nos pertes,
L'Espagne pleurera ses provinces désertes, Ses châteaux abattus et ses camps déconfits ;
L -20 — [Noble, pompeux, grave, Slesichorique graves camenae. A CnÉKiER.] — Ignorer: Chéniera dit. Elégies, II, m :
Et les amants,
Ignorant le parjure, ignorent les serments.
1-21. — Fatale, conduite par le destin, au sens latin. Cf. plus loin. XXI. 135.