‹ Poésies de F. MalherbeChapitre 89 sur 219 · SUR L'ABSENCE DE LA VICOMTESSE D'AUCHY · texte numérisé non relu

SUR L'ABSENCE DE LA VICOMTESSE D'AUCHY

SONNET

Quel astre malheureux ma fortune a bâtie ! A quelle- dures lois m'a le ciel attaché, Que l'extrême regret ne m'ait point empêché De me laisser résoudre à cette départie ?

do malade, cl ses yeux furent toujours les moins brillants et les moins clairvoyants du monde. »

XXXIII. — Ce sonnet et les huit pièces suivante?, dit l'éditeur de 1S'V2, furent insérés dans le Nouveau Recueil des plus beaux vers de ce temps, publié en 1609 et précisément dédié à la vicomtesse d'Auchy.

1. — Tous les commentateurs ont fait remarquer cette incohérence d'images

A. — Départie, terme vieilli, dont le sens primitif est sipa ration.

Quelle sorte d'ennuis fui jamais ressentie s

Égale au déplaisir dont j'ai l'esprit touché? Qui vit jamais coupable expier son poché D'une douleur si forte et si peu divertie ?

On doute en quelle part est le funeste lieu

Que réserve aux damnés la justice de Dieu, 10

Et de beaucoup d'avis la dispute en est pleine.

Hais sans être savant et sans philosopher, Amour en soit loué, je n'en suis point en peine : Où Calisle n'est point, c'est là qu'est mon enfer.

POUR LA MÊME

STANCES

Laisse-moi, raison importune, Cesse d'affliger mon repos, En me faisant mal à propos Désespérer de ma fortune ;

9. — Par;, lieu. La différence entre part (cf. ci-dessus, IV, 392) et lieu, cest que part se dit d'un espace considéré dans ses rapports avec le tout qui le contient, et que lieu se dit d'un espace considéré dans ses rapports avec son contenu.

XXXIV. — Voyez la première note de la pièce XXXIII, et XXXII, 1.

Tu perds temps de me secourir.

Puisque je ne veux point' guérir.

Si l'Amour en tout son empire,

Au jugement des beaux esprits,

.Va rien qui ne quitte le prix

A celle pour qui je soupire, P

D'où vient que tu me veux ravir

L'aise que j'ai de la servir ?

A quelles roses ne fait honte

De son teint la vive fraîcheur ?

Quelle neige a tant de blancheur 15

Que sa gorge ne la surmonte ?

Et quelle flamme luit aux deux

Claire et nette comme ses yeux ?

Suit que de ses douces merveilles

Sa parole enchante les sens, 20

Soit que sa voix de ses accents

Frappe les cœurs par les oreilles,

A qui ne fait-elle avouer

Qu'on ne la peut assez louer ?

9. — N'a rien, n'a personne, aucun sujet, qui ne cède le prix. Aux deux exemples de Molière que cite M. Littré (Rien, il"), où rien est employé avec la signification de personne, on pourrait ajouter ce vers de Malherbe et celui-ci d'André Chénier, Élégies. II, xi:

Non, rien n'est plus heureux que le mortel tranquille.

Ainsi que, dans niistorique, l'exemple de Saint-Gelais cité dans le lexique d'A. Chénier.

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